atelier de Dentelle aux fuseaux

A Paris-Ateliers Célestins, Carole Mayans anime l’un des ateliers consacrés à la dentelle aux fuseaux, délicat tissage où l’on file en même temps, la chaîne et la trame. Cette spécificité permet de travailler des « jours » de différentes formes, « un vrai travail de fée », sourit Graciela qui participe à l’atelier depuis 5 ans.

Les débutants commencent par la dentelle au torchon, la plus géométrique qui est aussi la plus facile d’accès. « Elle permet de poser les bases tout en étant valorisante car on arrive vite à un résultat, précise Carole Mayans. La Bucks est fine et gracieuse aux  motifs cernés par un gros cordonnet. La Russe utilise un lacet continu et moins de fuseaux que la Cluny qui est très technique et en arabesques ». Carole Mayans s’est fait une spécialité de cette dentelle Cluny qu’elle aime travailler en couleurs et avec des fils atypiques. « Pour réaliser une belle dentelle, il faut faire le moins de nœuds possibles, explique-t-elle. Parce qu’ils sont disgracieux mais aussi parce qu’ils fragilisent la dentelle. Un nœud peut toujours se défaire »

Ici, Françoise, Graciela, Paule ou Dominique réalisent des bijoux, des tableaux, des écharpes, des décors de coussin et même… « Des napperons ! Moi j’aime bien » revendique Chantal. Cette ancienne chimiste fréquente l’atelier depuis 3 ans, pour l’heure elle travaille d’après une carte postale. Mais, « les modèles sont adaptés, car avec le fil on ne fait pas la même chose qu’avec un crayon » prévient l’intervenante. Le modèle est donc transposé en un carton piqué, support provisoire sur lequel chaque épingle signifie un croisement de fil.  L’opération s’appelle « monter la dentelle », elle exige une expertise pointue car, une belle dentelle ne révèle, ni où elle commence ni où elle finit. 

Christiane crée une parure en mêlant des fils coupés et de la Cluny polychrome. « J’ai attrapé le virus en 1989 au conservatoire du Puy-en Velay. Les dentellières travaillaient avec plus de 500 fuseaux, c’était incroyable ! » Particulièrement spectaculaire, la dentelle aux fuseaux tire son nom des bobines où s’enroule le fil de réserve. Deux fuseaux dans la main droite et deux fuseaux dans la main gauche que l’on croise et tourne, voilà pour le mouvement de base. « C’est un peu comme en musique, nous n’avons que deux notes mais les variations sont infinies » conclut Carole Mayans.

 

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