Atelier de Peinture sur porcelaine

Depuis son invention en Chine il y a plus de 1400 ans, la porcelaine offre un support extraordinaire aux peintres et artistes des civilisations l’ayant adoptée. En France, son nom est synonyme de Limoges, ville à proximité de laquelle se trouve le gisement de kaolin qui sert à sa fabrication depuis 1767. C’est une argile très pure dont la blancheur, la dureté et la transparence lui confèrent des qualités inégalables. Et surtout, en font un support de peinture des plus nobles. C’est ce que soulignent les intervenantes de cet atelier qui, à la recherche de l’authentique, ont choisi de s’exprimer à travers elle. 

Un atelier au fond d‘un passage d’artisan typique du 12° arrondissement, éclairé par la lumière zénithale d’une verrière. Les participants sont installés autour d’une longue table jonchée de tiges de coton, papiers calque, cartons, pinceaux et petits récipients dans lesquels sont stockés les pigments, mais aussi de mugs, plats, tasses à thé, saladiers immaculés que chacun a apportés pour les décorer.

Plus la porcelaine est de qualité, plus elle sera résistante à la cuisson. Inutile pour autant d’investir dans du matériel très haut de gamme : un débutant peut s’exercer sur un support ordinaire. Une fois celui-ci dégraissé à l’alcool, les  motifs et figures sont réalisés soit selon la technique dite « à main levée » en les traçant directement avec un crayon gras, soit pour les néophytes ou les incertains, à l’aide d’un calque scotché sur le support.

Cette deuxième option est celle retenue par Nicole qui pratique depuis six ans et qui avoue en riant « ne pas être un premier prix de dessin ». Son projet : un service à dessert pour lequel elle cherche à « retrouver la somptueuse teinte rouge tomate des céramiques d’Iznik qui nourrissent mon imaginaire et mon inspiration. »

Anne, quant à elle, explore la palette des bleus et des verts « couleurs apaisantes ». Devant elle des petits pots de pigments pour lui permettre de créer, comme une alchimiste, les nuances idéales. La peinture sur porcelaine n’est en effet pas prête à l’emploi : il s’agit de poudres finement broyées et diluées dans un excipient d’huile de pin et d’eau (qu’on appelle aussi « médium ») pour obtenir un mélange à étaler sur une plaque de verre jusqu’à le rendre parfaitement lisse.

« J’ai toujours peint et dessiné. La porcelaine m’offre un nouveau mode d’expression et j’apprécie sa grande diversité qui peut s’imprégner de tous les styles et époques. Certaines formes et coloris permettent une modernité étonnante. Les possibilités sont infinies. » 

Alix d’Harcourt, l’intervenante, s’attache avec chaleur à ce que chacun maîtrise les bons gestes et affine sa technique pour ensuite s’approprier la « grande tradition » ou suggérer des innovations. « Avant de concrétiser son projet et d’arriver à la transformation magique par le feu, de multiples opérations sont nécessaires qui vont du masquage des zones neutres au séchage complet en passant par l’effacement méticuleux des traces de pinceau. Bien d’autres encore. Le grand avantage est que tant que l’objet n’a pas été cuit, toutes les retouches sont possibles, précise-t-elle. Ensuite, pour que rien ne craque sous l’effet de la chaleur, il faut travailler par couches fines, elles-mêmes intercalées par plusieurs passages au four.

Je donne en général trois thèmes dans l’année. Par exemple, les oiseaux, le bolduc, la botanique… L’inspiration peut venir de beaux livres ou de promenades dans la nature, de cartes postales. C’est un art libre qui autorise chacun à se créer un style personnel. »

D’un poste à l’autre, on observe ainsi de superbes pièces polychromées ou esquissées d’un trait gracile prêtes pour le « grand feu », d’autres encore à l’état d’ébauche. Souvent l’idée de départ est un cadeau. Des bols avec un paysage de leur région pour des amis méditerranéens, un gobelet avec la reproduction d’un dessin d’enfant pour l’artiste en herbe lui-même, des carreaux muraux ornés d’un visuel de Miro pour une maison. Bref, des objets familiers ou décoratifs mais toujours singuliers, pour une poésie du quotidien.

 

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