Portrait d’intervenante : Sabine Revillet - Écriture

Portrait d’intervenante - Sabine Revillet

Dans nos ateliers, chaque discipline a ses impératifs et chaque intervenant a ses petites manies... Nous vous invitons à les découvrir à travers le portrait des intervenants qui les font vivre.

 

Nom : Sabine Revillet

Discipline enseignée à Paris Ateliers : Ecriture autobiographique, littéraire et théâtrale.

Depuis combien de temps : Depuis 2023

 

  1. Peux-tu nous raconter ton parcours et ce qui t’a amené à enseigner ces disciplines ?

 

J’ai fait des études de droit puis une école de théâtre, l’École Nationale de la Comédie de Saint-Étienne où j’ai été amenée à expérimenter le jeu, à apprendre, interpréter des textes de théâtre sur scène. 

En école de droit, j’avais l’impression d’être un ovni. J’ai fait une licence, mais je n’avais pas le désir de poursuivre dans ce domaine. J’avais envie d’écrire, je ne savais pas sous quelle forme, je cherchais... J’avais commencé la rédaction de journaux intimes depuis l’âge de douze ans, à partir de ces journaux, j’ai conçu un spectacle « Tentative intime », puis, je me suis consacrée à l’écriture de pièces de théâtre.

En découvrant l’écriture, j’ai découvert la solitude mais j’ai réussi à ne pas m’y enfermer, j’écris régulièrement et je partage mes textes avec d’autres, nous échangeons sur nos projets respectifs. J’aime l’échange et je trouve que l’on avance beaucoup plus vite à plusieurs.

Mon rapport à la scène, au théâtre en tant que comédienne est passionnel, mon rapport à l’écriture est différent, c’est un endroit profond, un lieu de méditation, un passage secret qui permet de se reconnecter à soi.

Ayant d’abord expérimenté les ateliers en tant que participante, j’ai souhaité naturellement transmettre. C’est  stimulant d’assister à la rencontre de gens très différents de par leur âge, leurs centres d’intérêts, leur niveau social. La collision, la friction entre différents univers, je trouve cela très riche.

 

  1. Qu’est-ce qui te passionne le plus dans ta pratique aujourd’hui ?

 

Mon premier métier, c’est d’écrire - même si je joue en parallèle - j’aime assister à la naissance d’un texte,  expérimenter.

On n’est pas maître de tout et c’est assez excitant de voir une histoire se construire.

C’est aussi de la concentration, du travail. Ce qui me plaît dans l’écriture, c’est qu’on ne sait pas où l’écriture nous emmène, c’est une grande aventure.

 

  1. Comment décrirais-tu ton approche pédagogique ?

 

Pour moi l’écriture est liée à la lecture.

Donc je vais proposer, lors des ateliers, une lecture aux participants, lire un extrait de roman, ou montrer une image … et je vais amener les participants à plonger, progressivement, dans leur imaginaire … je leur parle et ils commencent à se raconter des histoires, ils quittent la raison, leurs problèmes pour s’abandonner à autre chose, les sens sont aiguisés, les perceptions plus intenses. L’idée est de les amener dans un état, une ouverture propice à accueillir des phrases, à se laisser porter par le son autant que par le sens des mots.

L’échange collectif est très important, dans l’atelier je ne suis pas une prof, je n’ai pas une position supérieure. Ici chacun amène sa sensibilité et partage son point de vue.

Selon les types d’ateliers, les échanges ne seront pas les mêmes entre l’écriture autobiographique, l’écriture théâtrale ou l’écriture littéraire.

En écriture autobiographique, les gens ont des projets personnels, ils livrent des choses intimes, souvent, ils sont traversés par des émotions très fortes. On sait, d’avance, qu’il y aura, des larmes, du rire, c’est OK, on l’accueille avec une grande bienveillance.

Pour l’écriture créative ou littéraire c’est plutôt de la fiction. Là, on invente même si on n’est pas détaché de ce que l’on vit, on écrit avec soi, bien sûr, mais le « contrat » n’est pas le même, on s’ouvre aux possibles, on peut explorer le fantastique, d’autres genres, le policier, l’absurde etc....

En écriture théâtrale, c’est encore autre chose, c’est une économie des mots, on dit, on voit comment le texte vibre à l’oral, on le teste.

 

 

  1. Comment accompagnes-tu les débutants qui n’ont jamais pratiqué ?

 

Si le groupe est majoritairement constitué de débutants, je vais faire des petits exercices au départ, et puis, progressivement, on écrit à partir de propositions plus longues.

Mais de voir les gens écrire fait écrire, et c’est finalement aussi simple que ça.

S’ils ont des questions et s’ils ont besoin, je les accompagne mais en général les gens se mettent facilement dans le bain.

 

  1. Quel est le moment que tu préfères observer chez tes élèves ?

 

Le moment où ils écrivent ! Ce moment où ils sont tous concentrés, j’adore !

Cela me procure une grande joie. Il y a du silence avec les stylos qui courent sur le papier. Ou les doigts qui pianotent sur le clavier... Je suis ravie. Au début, quand j’ai commencé les ateliers, il y avait toujours une personne qui bloquait en se disant "Je n’ai pas d’imagination… », aujourd’hui, ça arrive exceptionnellement mais c’est rare. Il ne s’agit pas de « bien » écrire, il suffit juste d’écouter, à l’intérieur, sa voix, d’autres voix, et les histoires arrivent, les mots viennent.

 

  1. Y a-t-il une réalisation ou une progression d’élève qui t’as particulièrement marqué ?

 

Il y a, parfois, des personnes qui n’ont pas confiance en elles, qui ont peur, qui pensent qu’elles doivent maîtriser l’écriture.

C’est dommage, de ce fait, certaines personnes peuvent hésiter à s’inscrire, se dire qu’elles doivent être bonnes en français… alors que ce n’est pas du tout l’objectif de l’atelier ! Tout le monde peut venir en atelier d’écriture. Souvent, les gens arrivent en disant « je ne suis pas sûr de moi, c’est nul ». C’est faux, tout le monde a quelque chose à dire, à partager, a un univers singulier. Lorsque les personnes arrêtent de se juger et juste écrivent avec plaisir en se dépassant, elles sont étonnées par leurs textes, ce qu’elles créent, ces moments-là sont forts.

 

  1. Qu’aimerais-tu que les participants retiennent de ton enseignement, au-delà de la technique ?

 

L’amusement, le fait de découvrir d’autres univers que le leur. Et la bienveillance des uns envers les autres. La tolérance aussi d’une certaine manière parce qu’il y a des gens différents dans un atelier. Savoir recevoir les écrits des autres sans jugement.

 

  1. Qu’est-ce que tes élèves t’apprennent en retour ?

 

Beaucoup de choses, j’apprends sur tout : des recettes de cuisine, des lieux, l’écriture touche à tous les sujets, la science, l’histoire, la philosophie… Dans les écrits, tant de sujets sont abordés ! Et puis aussi, on discute, on se questionne sur les textes. Ça me permet également de continuer à réfléchir sur mon art. Ça fait évoluer ma pratique.

 

  1. Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui hésite à s’inscrire à ton atelier ?

 

Inscrivez-vous ! Ne réfléchissez-pas. Allez-y si vous avez envie. Allez-y ! Inscrivez-vous sans vous poser d’autres questions. Il suffit d’avoir envie.

 

  1. Trois mots pour décrire l’ambiance de ton atelier ?

 

Chaleur. Expérimentations. Dépassement de soi. J’aime bien l’idée de se dépasser, de partager aussi. Le mot partage, aussi, sied bien à l’atelier. L’atelier c’est un moment que l’on s’offre, une parenthèse. Un moment précieux.

 

  1. Les « petites manies » de ton atelier ?

 

Oui, je pense qu’on a tous des rituels. Pour moi c’est la lecture et parler, laisser venir ce moment où l’on entre dans les mots de quelqu’un d’autre ...

 

  1. Des futurs projets ?

 

Je joue dans la pièce Les grandes amoureuses le mercredi 11 novembre à 19h00 au Local des autrices dans le 11e (18 rue de l’Orillon 75011 Paris à cinq minutes du métro Belleville) .

Je serai également présente au Salon du livre jeunesse de Montreuil le samedi 28 novembre sur le stand des Editions Lansman vers 16H pour dédicacer mon texte Les filles électriques et dimanche 29 novembre 2026 pour une rencontre avec Éric Pessan autour du thème Aux frontières du réel à 16H15, je présenterai ma pièce : Mon grand-père ce robot, publié aux Editions Théâtrales.

 

Si les paroles de Sabine vous ont inspirés, laissez-vous porter durant ses ateliers : écriture autobiographique, écriture littéraire, écriture théâtrale.

Pour découvrir son travail, c’est ici ou encore ici.

Envie de la voir sur scène ? N’hésitez plus et prenez vos tickets ici !

Enfin, pour en savoir plus sur le Salon du livre jeunesse de Montreuil, c’est ici.