À découvrir : l’atelier de Reliure-Dorure sur cuir

La reliure, apparue avec l’invention de l’imprimerie, a une dimension technique et artistique. Après avoir assemblé les pages et réalisé une couverture, le relieur crée un décor qui rend chaque volume unique. Jean-Pierre Rousseau, artisan chevronné transmet ici ce savoir-faire séculaire, riche et vivant. Il invite chacun à puiser son inspiration dans l’histoire de la reliure, dans celle du livre, à explorer les ressources de la peau, du papier et à développer sa créativité. 

Le point commun à tous les participants ? Une fascination pour l’objet livre, sa texture, son apparence, son odeur, sa forme, la souplesse de ses peaux, la beauté de ses papiers vergés, et de ses ors. Mais également un appétit de lettres, de signes, de titres, de typographie. Dans cet atelier, ils apprennent les gestes précis et trouvent tous les outils pour restaurer et embellir des ouvrages ou de simples cahiers chinés dans les salons de livres anciens, chez les bouquinistes ou simplement dénichés dans une bibliothèque, voire un grenier familial. Chacun élabore son projet en tenant compte de la nature du livre, de son édition courante ou limitée, de l’émotion suscitée par sa lecture.

« L‘atelier accueille tous les profils, débutants, initiés ou étudiants en maroquinerie cherchant un complément de formation» précise Jean-Pierre Rousseau. Il y d’abord tout un vocabulaire à apprendre : le livre a une tête, une queue, une tranche, un dos, une gouttière, un mors… Puis, il faut prendre le temps de se familiariser avec le matériel traditionnel pour mesurer, découper, coudre, travailler le cuir et le papier. Ici, on replonge dans une atmosphère d’atelier d’antan. Car au fil des siècles, les outils du relieur sont restés les mêmes que ceux d’hier : presse à rogner, presse à dorer et cousoir, sorte de métier à tisser primitif.

Les participants entrent dans le vif du sujet avec le démontage du livre, débrochage, nettoyage, réparation de feuillets, couture à la grecque, arrondissure, endossure. Puis vient la pose des couvertures, suivie de la couvrure avec le matériau choisi, cuir, toile, papier. Des opérations qui requièrent un apprentissage sérieux et des qualités de patience, habileté, concentration. Enfin, dernière étape, la réalisation du décor inspiré par l’ouvrage. Un travail purement créatif tantôt sobre, tantôt lyrique où le relieur joue sur les matières, les couleurs, les effets de contrastes.

Collectionneur, Alain est fasciné par la reliure, versant sensuel et artisanal de la bibliophilie. Il aime fureter dans les rayons des libraires, s’arrêter sur de beaux volumes respirer l’odeur du papier, caresser vélins et tranchefils « La bibliothèque est majeure pour moi dans une pièce ».

Spécialisé dans les livres illustrés, il finalise la couvrure d’une édition en deux tomes de Nana (1940) d’Émile Zola illustrée par des lithographies de Louis Berthommé-Saint-André. »

Son choix ? Une reliure classique, style XVII° siècle en maroquin rouge. Les plats sont ornés de fleurons dans les angles. Au centre, une composition graphique de lettres - N pour Nana sur le recto, Z pour Zola sur le verso - et un jeu de filets jaunes et verts. Alain s’apprête à dorer au fer chaud sur le dos du livre les mentions d’auteur et de titre. Pour obtenir une dorure brillante et nette les gestes doivent être très précis et délicats.

Christine est née au milieu des livres. Son père était relieur. Mais le métier, elle l’apprit plus tard, ici, dans cet atelier. Aujourd’hui, elle prépare les plats de couverture pour un ouvrage de Prosper Mérimée. Son idée ? Reprendre le dessin de page de garde sur la couverture. Une fois le livre habillé, paré pour entrer dans la durée, il rejoindra la bibliothèque de ses enfants.

Chacun arrive avec ses envies, ses passions et c’est par la botanique que Thomas est venu à la reliure. Collectionneur d’ouvrages sur le sujet du début du siècle jusqu’à l’entre-deux guerres, il souhaite donner un habit particulier et original à ses livres aux illustrations splendides. Un de ses grands plaisirs ? « Choisir les peaux, les palper, observer leur souplesse, leur grain afin qu’elles s’accordent avec le style de tel ou tel livre qui est toujours le reflet d’une époque .Il y a une forme d’harmonie qui s’impose ». 

 

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