Atelier de Peinture en Trompe l’oeil

Si l’art du trompe l’œil trouve son origine dans les fresques et mosaïques antiques, il a fasciné toutes les époques et connu son apothéose dans le baroque, époque de la surprise et du faux semblant.

Chez les Rieti, le trompe l’œil est une histoire de famille. Fabio, le père qui a collaboré avec le célèbre architecte Émile Aillaud, est un maestro du mur peint. Ses remarquables et monumentales créations parsèment la France, animant là une façade morte, cachant ici une réalité étouffante. À Paris, on lui doit entre-autres, les fenêtres alignées en trompe l’œil de Beaubourg ou le monumental mur peint de la rue Etienne Marcel. Aujourd’hui hui, sa fille Léonor et sa petite fille Louyz ont repris le flambeau. Elles réalisent des décors pour une clientèle privée et publique. Et c’est au sein de Paris-Ateliers que Léonor Rieti, dans la plénitude de son art, transmet tous les secrets du trompe l’œil sur toile.

Mais qu’est-ce qu’un trompe l’œil ? Une peinture qui au premier regard donne l’illusion d’être constituée par des objets réels. Il n’y a pas une volonté de tromper véritablement mais un jeu entre le spectateur et le créateur. Il s’agit de susciter un trouble, de créer le besoin de s’approcher pour mieux voir… ou toucher. Un bel exemple avec ce dessus de table réalisé à l’atelier par une élève : un napperon, une plaque de chocolat, une tarte au citron sont restitués avec une saisissante vérité et semblent vivants, palpables. Au bout de quelques secondes on s’aperçoit que le relief est une illusion. Le tableau est parfaitement plat.

Comment fait-on pour réaliser ce genre de dessins incroyables ? Quel est le secret ? 

« Pour commencer, il vaut mieux arriver avec une idée, un projet, dit Léonor. La préparation est très importante, on y consacre un tiers du temps. La recherche de documents se fait dans des catalogues, des livres ou encore sur internet. Je conseille toujours de commencer par des choses simples, un livre, un torchon avant de se lancer dans des combinaisons plus élaborées. La peinture se fait toujours grandeur nature pour restituer le sujet avec le maximum de réalisme et s’approcher de la matière des choses, de leur nature profonde. À la limite, le trompe l’œil doit pouvoir remplacer les objets qu’il représente : une cheminée, une étagère, une armoire… »

Pour copier le plus fidèlement possible l’original il y a plusieurs techniques : la photocopie, l’agrandissement avec un rétroprojecteur. On peut aussi prendre les mesures des objets, voire pour certains les décalquer. Mais comment suggérer la troisième dimension ? En jouant sur la profondeur, la perspective et une opposition des ombres et des lumières pour moduler les volumes et les reliefs.

Mireille met les dernières touches de couleur à un trompe l’œil inspiré par un papier peint de Zuber représentant un paysage. Une fois terminé, il sera recouvert d’un vernis acrylique de protection et collé sur un mur un peu défraichi de sa salle de bains. Il lui aura fallu de nombreux mois de travail pour réaliser cette toile de 1 m 50 sur 1 m 20. Adepte de la peinture à l’huile pendant de longues années elle s’est convertie ici à la peinture acrylique. « C’est une peinture peu toxique qui sèche vite, fonce en séchant et se dilue dans l’eau. Elle est facile à préparer et à appliquer » souligne Léonor. 

Françoise, dont c’est la première année d’atelier, a commencé par un trompe l’œil simple et très précis : une pomme sur une partition de musique mais avec une grande recherche de couleur. « Les sujets en apparence ordinaire peuvent être aussi percutants que les plus recherchés et au début évitent de se décourager» souligne Léonor.

Certains participants ont choisi parmi les principaux thèmes du trompe l’œil les niches, les étagères, ou encore les portes-lettres. Ils y ont logés toutes sortes d’objets qui révèlent quelque chose de leur personnalité : une lettre, un vase, une statuaire, une photo provenant de leur univers intime. Des œuvres tantôt poétiques, tantôt souriantes. « Le trompe l’œil est amusant, on peut faire des choses drôles. C’est un travail principalement de valeur et de légèreté. Il faut jouer avec l’harmonie » dit Léonor.

 

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