À découvrir : l’atelier d’encadrement

Longtemps négligés, les cadres appelés bordures au XVIIe et XVIIIe deviendront au XXe un objet d’attention. Les artistes et collectionneurs réfléchissent à son rôle dans la mise en valeur des toiles. Car le cadre qui borde et protège l’œuvre ne lui est pas complètement étranger. En marge, il doit la délimiter sans la desservir, ou l’écraser.

Alors comment trouver l‘équilibre idéal entre cadre et tableau ? Dans l’atelier de Maryvonne Le Chevalier, aucun sujet n’est imposé. Chaque participant arrive avec un projet : image, peinture, photo.  « Après un temps de réflexion pour s’imprégner de l’œuvre, je laisse chacun se déterminer pour un type de cadre, un choix qui peut être guidé par la nature du sujet, son époque, un détail de la toile ou encore le fait de s’accorder avec telle décoration classique ou contemporaine ». Après un master en arts plastiques, cette professionnelle chevronnée a embrayé sur un CAP d’encadreur. Elle exprime son talent en collaborant avec des musées et des galeries d’art et crée des cadres insolites pour des vitrines de boutiques.

Françoise, participante, a développé son habileté manuelle à travers la création de petits objets en corde et de broderies. Grande voyageuse, elle a glané dans tous les pays traversés une collection d’images, de tableaux et s’est inscrite à l’atelier « pour s’offrir le luxe de les encadrer elle–même ». Pratiquant cette discipline depuis bientôt dix ans elle a acquis les gestes du métier lui permettant de varier les techniques. Aujourd’hui elle réalise une caisse américaine : un encadrement sans vitre, minimaliste et épuré qui convient parfaitement aux œuvres contemporaines.

« Accessible à tous la pratique de l’encadrement  implique cependant d’être particulièrement minutieux. Les bases que sont la prise de mesures, l’équerrage, la coupe du carton, la pose de l’anneau, la fermeture du sous-verre peuvent s’apprendre en un mois mais doivent être bien maîtrisés et devenir des automatismes avant d’aborder le coté créatif avec humilité » souligne Maryvonne.

Brigitte pour sa première année d’atelier a choisi un exercice simple : découper une marie-louise, un petit cadre intermédiaire posé entre le cadre et l’image qui l’aère et l’agrandit. Avec un cutter, elle découpe un carton au millimètre près. Débutante, elle espère pouvoir réaliser cinq à six projets en neuf mois d’atelier et évoque les stimuli provoqués par la fantaisie des papiers disponibles.  

Chacun est guidé et orienté par Maryvonne qui répond à une foule de questions : Quelles dimensions privilégier ? Quelles couleurs retenir ? Quelles sont les harmonies complémentaires ? Comment renforcer une idée de sobriété ou donner de l’exubérance ? 

Le propos de cette intervenante animée d’une enthousiaste énergie ?

Inviter les participants à faire le tour des cadres -que l’on regarde habituellement sans les voir vraiment- afin de leur donner une valeur artistique propre.

 

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