L’atelier de Restauration de céramiques

Depuis des millénaires la céramique nous accompagne au quotidien à travers des objets usuels ou décoratifs. Parfois, ils cassent et disparaissent, jetés ou relégués au fond d’un placard. Dans l’atelier de Camille Laire, on redonne vie à cette céramique brisée, détériorée. Certaines pièces sont rares et précieuses, d’autres peuvent sembler banales mais toutes ont un sens et une histoire.

 « J’ai été pendant des années une manuelle frustrée » dit Carola, assidue depuis 4 ans à l’atelier de restauration de céramiques. Son projet est double : parvenir à faire quelle chose de ses mains et décliner son credo écologique, recycler, réparer, réutiliser. Pour faire ses gammes, elle a puisé dans les piles de vaisselle brisée de ses parents « Ce fut une révélation et un véritable bonheur que d’arriver à l’atelier avec un objet cassé et de repartir avec comme si il était neuf. Il y a là quelque chose de magique ». Une magie pour Philippe qui se compte en heures et en mois. Devant lui, un vase chinois du XVIII° siècle en porcelaine à décor mille fleurs. Cassé en mille morceaux, il était néanmoins réparable. Philippe a opté pour une restauration de type semi-illusionniste où l’intervention est perceptible de près. Pour ce chercheur en céramique vietnamienne, les blessures font partie de la qualité de l’œuvre et raconte son histoire.

D’un poste de travail à l’autre on distingue, des bols, des vases, des assiettes, des animaux, des cruches « La grande diversité des formes, des provenances, des matériaux (porcelaine, grés, faïence, terre cuite) laisse peu de place à la routine » affirme Camille Laire. Après l’obtention d’un master en restauration et conservation du patrimoine elle a fait ses classes au sein de plusieurs institutions en France et à l’étranger et travaille aujourd’hui pour des marchands d’art ou des particuliers « Chaque pièce endommagée demande un examen attentif, il faut situer l’époque et déterminer le style. Puis il y a des étapes à respecter : le nettoyage, le collage, le comblement, les retouches au pinceau ou l’aérographe, le vernis. Mais certaines céramiques posent de nombreuses questions et il n’y a pas de solutions clés. Il faut se documenter, raisonner et parfois, aussi, laisser place à son intuition ». En bref, réconcilier le penser et le faire, les mains et la tête.

Sur le plan de travail de Vanessa, collectionneuse de poupées en porcelaine, un poupon du XIX° siècle dont une partie de la tête a été reconstituée en plâtre à partir d’un modèle identique. Son souci ? Trouver le bon rose pour la retouche afin que la résurrection soit parfaite. Car dans ce travail de restauration, il s’agit de reproduire avec respect, de ne pas inventer « Bien sûr, pour reconstituer les décors, une petite fibre artistique est un plus » consent l’intervenante. Sans se prétendre créateurs, les participants se cultivent ici au contact de la création. Les échanges avec l’intervenante sont féconds et donnent à chacun la possibilité de progresser dans une ambiance d’atelier excellente.   

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